Le bulletin de paie dématérialisé est-il obligatoire ?
Non, la dématérialisation du bulletin de paie n'est pas une obligation pour l'employeur : c'est une possibilité. Depuis le 1er janvier 2017 et la loi Travail, l'employeur peut en revanche faire du bulletin électronique le mode de remise par défaut, sans avoir à recueillir l'accord de chaque salarié (article L3243-2 du Code du travail). Auparavant, ce format n'était possible qu'avec l'accord exprès du salarié.
Le bulletin de paie dématérialisé a exactement la même valeur juridique que le bulletin papier : il comporte les mêmes mentions obligatoires et peut être présenté aux mêmes organismes (banque, bailleur, France Travail, caisse de retraite).
Le salarié peut-il refuser le bulletin de paie dématérialisé ?
Oui. Le salarié dispose d'un droit d'opposition qu'il peut exercer à tout moment, avant ou après la réception de son premier bulletin électronique. Pour le respecter, l'employeur doit :
- informer chaque salarié de son droit de s'opposer, par un moyen qui donne une date certaine, au moins un mois avant le premier bulletin électronique, ou au moment de l'embauche ;
- prendre en compte l'opposition dans les meilleurs délais, et au plus tard trois mois après sa réception ;
- continuer à remettre un bulletin papier aux salariés qui ont refusé la dématérialisation.
Le salarié peut ensuite revenir sur son refus. Une entreprise peut donc fonctionner avec deux circuits de diffusion en parallèle : électronique pour la majorité des salariés, papier pour ceux qui s'y opposent.
Quelles sont les obligations de l'employeur en cas de dématérialisation ?
Lorsqu'il remet les bulletins de paie sous forme électronique, l'employeur doit en garantir :
- l'intégrité : le bulletin ne peut pas être modifié après son émission ;
- la confidentialité : seul le salarié, et les personnes qu'il autorise, peuvent y accéder ;
- la disponibilité : le bulletin doit rester accessible au salarié pendant 50 ans ou jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de 75 ans (article D3243-8 du Code du travail) ;
- la récupération simple : le salarié doit pouvoir récupérer à tout moment l'ensemble de ses bulletins, sans manipulation complexe ou répétitive, dans un format électronique structuré et courant ;
- l'information en cas de fermeture : si le service de mise à disposition doit fermer, les salariés doivent être prévenus au moins trois mois à l'avance pour pouvoir récupérer leurs bulletins.
L'employeur doit par ailleurs conserver lui-même un double des bulletins pendant 5 ans. Ces obligations engagent l'entreprise sur plusieurs décennies : elles reposent en pratique sur le choix d'un prestataire capable de garantir la pérennité du service.